-Si tu veux être surprise, passe prendre un café à la FNAC!
C’est par cette phrase qui m’a parue saugrenue sur le moment, qu’une amie a piqué ma curiosité.
Je ne prends que très rarement de café à l’extérieur, non pas par peur de consommer trop de caféine mais parce que je suis très souvent déçue.
J’aime découvrir des endroits atypiques, des restaurants avec une architecture d’intérieur simple mais raffinée. Et c’est souvent au moment de tremper mes lèvres dans la tasse et de déguster la première gorgée, que le charme se rompt. Le petit resto sympa dans lequel je suis devient, dans ma tête, une nouvelle fourmilière de pseudo-hipster-bobo-branchouillards qui mise tout sur l’apparence au détriment de la qualité des produits proposés à la clientèle et soudainement il perd tout intérêt à mes yeux.
Je ressens exactement la même sensation désagréable que lorsque j’ai craqué stupidement pour le super graphisme de la couverture d’un roman, et que je me rends compte que finalement le texte qu’il contient est vide de sens, sans saveur.

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Donc, ce n’est pas sans apriori que je me rends à ce qui est dans ma tête « la cafétéria de la FNAC». Et là, je me rend compte de suite de mon erreur. Je découvre un établissement à la décoration simple mais efficace qui plaît à tout le monde. Une petite bulle de tranquillité dans cette agitation commerciale, qui nous invite à nous arrêter un instant et juste savourez l’instant présent.
J’y suis retournée quatre fois.
La première fois simplement pour découvrir l’endroit. J’ai pris un double espresso, le serveur m’explique que le café vient d’un torréfacteur anglais. Je le remercie et bois la première gorgée de mon café. Et là, surprise, pas de goût horrible de grains brûlés qui reste dans la gorge. Non, ce n’est pas une infâme mixture à laquelle je dois rajouter une tonne de sucre dans l’espoir de finir ma tasse sans me retourner l’estomac. Je buvais un café, un merveilleux café!

A cet instant, je me rends compte de la scène surréaliste que j’étais en train de vivre. Je dégustais le plus fabuleux des cafés, tout en assistant du coin de l’oeil à la formation du personnel FNAC à la vente de machine à café en capsules colorées. Le représentant récitait une magnifique fable apprise par coeur sur l’invention révolutionnaire qui allait totalement changer notre mode de consommation du café. Personnellement, le simple geste de glisser cette capsule dans cette machine me donne l’impression d’être une cliente d’un fastfood. J’en plaisante un peu avec le serveur et quitte l’endroit en me jurant de revenir.

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La deuxième fois, j’étais tellement excitée par l’idée de boire un excellent café, que je me suis dirigée vers le comptoir en étant certaine de reconnaître le gentil serveur de la première fois et lui commande un café en disant: Bonjour, vous vous souvenez de moi, surprenez-moi! Hélas pour moi, c’était son collègue et je me suis retrouvée dans la délicate situation de devoir expliquer mon erreur. Moi qui pensait être physionomiste!
Il m’apprend que le café ne vient plus d’Angleterre, mais d’un torréfacteur genevois et me promets que je n’allais pas être déçue pour autant. J’avoue craindre les torréfacteurs suisses plus que tout au monde, surtout les emballages jaunes pour ne pas les nommer. Ilme sert un espresso dont le goût est totalement différent du premier. Tout aussi surprenant mais à mon humble avis plus accessible au public.

Je prends mon courage à deux mains, je me présente et lui parle de So Miam, lui dit que je veux écrire un post sur mon blog à propos de Culture café. A ma grande surprise, on convient d’un rendez-vous pour la semaine suivante, et il griffonne son nom, Cyril Musy, sur une carte de visite qu’il me tend en souriant.

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Arrive le moment tant attendu. Comme c’est la première fois que je me plis à ce genre d’exercice, j’avoue que je ne sais pas trop quelles questions poser et choisis de me laisser diriger par notre conversation plutôt que de jouer à la pseudo journaliste.
Je m’assois donc à une table avec Cyril Musy (à gauche sur la photo). Il me glisse dans la conversation qu’il est lui même journaliste et fondateur de la revue épicurienne, Le M.I.A.M. à Paris. Après diverses aventures culinaires vécues grâce à son magazine, il pose ses valises à Lausanne et crée avec l’aide de Mathieu Rohrer (à droite sur la photo) qui, lui, est diplômé de L’ECAL, Culture café.

C’est surtout l’amour du produit qui les a dirigé dans ce projet commun. Il m’apprend également que Mathieu Rohrer, quant à lui, a créé une cafetière siphon/dépression.
Il me parle avec passion de café, de température de l’eau idéale pour exprimer les arômes du café. Mathieu nous rejoint pour déposer en passant une tasse d’espresso devant Cyril, et s’exclame l’oeil pétillant: -Le temps idéal d’extraction pour celui-ci, c’est 25 secondes !
On m’explique qu’ici le moulin est calibré chaque matin et qu’il existe même une pression idéale pour tasser le café dans le percolateur.

Non, je ne suis pas face à deux simples serveurs, mais deux personnes passionnées de café. Je ne ferais pas l’erreur de les ranger dans la case Barista. Pas parce qu’il n’ont pas suivis une formation, mais simplement parce que je sais par expérience que dans bien des domaines, ce sont souvent des amateurs passionnées qui font les plus belles choses. Parce que, contrairement aux diplômés, ils ne reproduisent pas maintes fois de façons scolaires les gestes appris. Ils prennent des chemins de traverse et n’ont pas peur de faire des erreurs avant d’atteindre la perfection. Ce jour-là, le temps est passé si rapidement que je n’ai pas eu le temps de prendre le moindre cliché.

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Lors de ma quatrième visite, je fais l’expérience du café filtre. Mathieu me sert à l’aide d’une cafetière japonaise Hario qui se compose en trois éléments :
-Un porte-filtre en céramique avec des rayures en formes de spirales qui laisse passer le café plus vite. La céramique à également l’avantage de ne pas laisser de goût au café lorsqu’elle est chauffée.
-Une carafe en verre avec un bouchon hermétique qui permet de conserver au mieux les saveur du café.
-Un filtre en cellulose spécialement conçu afin de ne laisser aucun goût parasite.

Il m’explique que l’eau est à 90°C et que le temps d’extraction est de 4 minutes. Encore une fois, je suis époustouflée par le résultat, les mots me manquent, avec ce procédé d’extraction, les arômes sont sublimés. Je l’accompagne d’un succulent brownie fabriqué sur place le matin même.

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A moi, maintenant de vous répétez la phrase de mon amie. Si vous voulez être surpris, passez prendre un café à la FNAC.

Et de conclure que, pour une fois, le roman fût plus beau que sa couverture.

 

Culture café
FNAC Lausanne 1er étage
Rue de Genève 6
1002 Lausanne